Examen civique 2026 : comment aider vos salariés étrangers à le préparer
Examen civique 2026 : 40 questions, 32 bonnes réponses. Ce que l'entreprise peut faire pour aider ses salariés étrangers, sans jouer la préfecture.
L'examen civique 2026 est un QCM de 40 questions en français, à réussir avec 32 bonnes réponses, exigé depuis le 1er janvier 2026 pour une première carte de séjour pluriannuelle ou une première carte de résident (Service Public, fiche F39530). L'entreprise ne remplace pas la préfecture : elle peut libérer du temps, relayer les ressources officielles gratuites et relier les questions sur le travail à la vie réelle de ses équipes. Elle peut aussi financer une formation de français, sur le temps de travail jusqu'à 80 heures pour un salarié signataire du contrat d'intégration républicaine (Code du travail, art. R6321-5).
Un mardi matin, une cheffe d'équipe logistique passe la tête dans votre bureau. Un de ses caristes, arrivé il y a trois ans, doit demander sa carte pluriannuelle et « il y a un examen, il ne sait pas quoi réviser ». Vous ne savez pas non plus. Ce guide répond à cette question du point de vue du service RH : ce que le salarié va passer, qui est concerné, ce que cela coûte, et ce que l'entreprise peut faire sans sortir de son rôle.
Examen civique 2026 : ce que vos salariés vont passer
L'examen est fixé par l'arrêté du 10 octobre 2025 : un questionnaire « comprenant quarante questions, incluant des questions de connaissances et des questions de mises en situation » (arrêté du 10 octobre 2025, Légifrance). L'épreuve dure 45 minutes au maximum et le seuil de réussite est de 80 % de bonnes réponses, d'après le même arrêté. Côté candidat, Service Public le traduit ainsi : un QCM rédigé en français, sur support numérique, où il faut 32 bonnes réponses (fiche F39530).
Le décret n° 2025-647 précise l'esprit de l'épreuve : un QCM « portant principalement sur les principes et les valeurs de la République » (décret n° 2025-647, Légifrance).
Cinq thèmes et 12 mises en situation
L'arrêté répartit les 40 questions en cinq thèmes (arrêté du 10 octobre 2025) :
| Thème | Questions | Dont mises en situation |
|---|---|---|
| Principes et valeurs de la République | 11 | 6 |
| Système institutionnel et politique | 6 | 0 |
| Droits et devoirs | 11 | 6 |
| Histoire, géographie et culture | 8 | 0 |
| Vivre dans la société française (dont 1 question sur le travail en France) | 4 | 0 |
Au total, 28 questions de connaissances et 12 mises en situation. Le point qui compte pour vous : seules les questions de connaissances sont rendues publiques sur le site du ministère, selon le même arrêté. Le site officiel le confirme, les mises en situation « ne sont pas rendues publiques » (liste officielle CSP, ministère de l'Intérieur).
Trois versions selon le titre demandé
Le ministère de l'Intérieur indique que la difficulté de l'examen est adaptée à chacun des titres concernés : carte de séjour pluriannuelle, carte de résident et naturalisation (réponse à la question écrite n° 11488, Assemblée nationale). Un détail utile pour un salarié qui hésite : l'examen mention « carte de résident » est aussi valable pour une demande de carte pluriannuelle (fiche F39530).
Qui est concerné, qui ne l'est pas
Service Public est clair : seule la première demande de carte de séjour pluriannuelle est concernée, et les demandes de renouvellement ne le sont pas (fiche F39530). La même règle vaut pour la première carte de résident. Deux autres exclusions figurent sur la fiche :
- les titres de séjour qui ne sont pas soumis au contrat d'intégration républicaine (CIR) ;
- les personnes de plus de 65 ans.
Conséquence pratique : vous n'avez pas à préparer tout le monde. Un salarié qui renouvelle sa carte pluriannuelle n'a rien à passer. Celui qui va déposer sa première demande dans les prochains mois, si. La première tâche du service RH est donc une simple liste : qui, dans vos équipes, demandera une première carte pluriannuelle ou une première carte de résident cette année ? Chaque situation reste à confirmer par le salarié auprès de la préfecture.
L'examen civique ne remplace pas la condition de langue. Le niveau exigé dépend lui aussi du titre, et nous l'avons détaillé dans le guide sur le niveau de français demandé pour chaque titre de séjour.
Inscription, prix, résultats : les chiffres officiels
Pour passer l'examen, le salarié s'inscrit dans un centre agréé par le ministère de l'Intérieur ; la CCI Paris Île-de-France et France Éducation international proposent un outil de recherche de centres (fiche F39530). Ces deux organismes ont été agréés en novembre 2025, d'après le ministère (question écrite n° 11488).
Le prix. Il est fixé librement par chaque centre et se situe entre 60 et 80 € selon les centres, selon la réponse du ministère publiée au Journal officiel le 11 août 2026 (question écrite n° 11488). Méfiez-vous des pages qui annoncent un tarif unique : il n'y en a pas.
Les échecs. Les étrangers peuvent repasser l'examen civique autant de fois que nécessaire, précise le ministère dans la même réponse. Une exception sérieuse : en cas de fraude, le candidat ne peut pas repasser l'examen pendant deux ans (arrêté du 10 octobre 2025).
Les résultats. Selon le ministère de l'Intérieur, au 26 mai 2026, 444 centres d'examen couvraient l'ensemble des départements, 71 125 personnes avaient passé l'examen et le taux moyen de réussite était de 81 % (question écrite n° 11488). C'est un chiffre national, à une date donnée : il ne dit rien du résultat d'un salarié en particulier.
La durée de validité. L'attestation de réussite n'a pas de durée de validité (fiche F39530). Un salarié qui réussit cette année n'aura pas à la repasser pour la même démarche plus tard.
Ce que l'entreprise peut faire (et ce qui ne lui revient pas)
Commençons par ce qui ne vous revient pas. Inscrire le salarié à sa place, monter son dossier de titre de séjour ou lui garantir un résultat : rien de cela n'est le rôle de l'employeur. Les textes que nous avons lus ne prévoient pas d'obligation de préparation à la charge de l'entreprise. Ce que vous pouvez faire tient en trois gestes, tous compatibles avec votre rôle.
Libérer du temps et relayer les ressources gratuites
Le ministère a ouvert un site consacré à l'examen, avec des fiches par thème et la liste officielle des questions de connaissances (fiche F39530). Selon le ministère, ce site rassemble 222 fiches thématiques (question écrite n° 11488). Partager le lien sur votre intranet ou l'imprimer en salle de pause coûte peu.
La formation civique du CIR compte 4 sessions, pour 24 heures au total (Service Public, fiche F17048). Elle est financée par l'État et gratuite pour l'étranger : « Vous n'avez rien à payer », rappelle le site du ministère (formation-civique.interieur.gouv.fr). Vérifier avec le salarié qu'il l'a suivie, et l'aider à caler les sessions dans son planning, est souvent le geste le plus utile. Même chose pour le jour de l'épreuve : prévoir l'absence dans le planning évite que l'examen soit repoussé faute de créneau.
Relier le thème « travail » à l'onboarding
La liste officielle du ministère de l'Intérieur contient des questions sur le travail. Au niveau carte pluriannuelle, on y trouve par exemple « Que doit faire un employeur pour fixer un salaire ? », « Quelle est la durée légale du temps de travail par semaine ? », « Qui est aidé par France Travail ? » et « À partir de quel âge un mineur peut-il travailler ? » (liste officielle CSP). Au niveau carte de résident, la liste officielle demande notamment : « Un employeur refuse d'embaucher des femmes dans son entreprise. Que dit la loi ? » et « Qu'est-ce que le droit de grève ? » (liste officielle CR).
Vous avez déjà, dans vos tiroirs, de quoi en parler avec des exemples réels :
- Le salaire : le contrat de travail et la fiche de paie du salarié, lus ensemble, montrent comment son salaire a été fixé.
- Le temps de travail : votre accord ou votre note sur le temps de travail, et le planning affiché dans l'atelier ou le couloir.
- L'égalité entre femmes et hommes : votre règlement intérieur et vos engagements en matière d'égalité.
- Le droit de grève : la façon dont un mouvement social s'est déjà passé dans l'entreprise, raconté par un représentant du personnel.
Prenons Amina, aide-soignante dans un Ehpad. Sa responsable lui montre le planning de la semaine et lui demande combien d'heures elle fait. Amina compte, compare avec son contrat, et la conversation glisse vers la durée légale. Dix minutes, sans fiche, sur un document qu'elle consulte tous les jours. Ce n'est pas un cours d'éducation civique, c'est son métier vu sous l'angle des règles qui l'encadrent.

Pratiquer plutôt que réciter
Puisque les 12 mises en situation ne sont pas publiques (arrêté du 10 octobre 2025), un salarié qui apprend par cœur les questions de connaissances ne s'entraîne que sur une partie de l'épreuve. Une mise en situation demande de raisonner à partir d'un cas, en français, sur une valeur ou un droit. Cela se travaille en parlant de cas concrets.
Réciter une liste prépare aux 28 questions de connaissances. Discuter de cas réels prépare aussi aux 12 qui ne le sont pas.
Concrètement : demandez au manager de proximité de reprendre une question de la liste pendant un point d'équipe, de la relier à une situation vécue au travail, puis de laisser le salarié expliquer la règle avec ses mots. La fiche du ministère vient après, pour vérifier. La pratique d'abord, la théorie ensuite : c'est l'ordre qui fait tenir les notions le jour de l'épreuve.
Le français, l'autre condition du titre
L'examen est rédigé en français (fiche F39530). Un salarié qui comprend bien les règles mais lit lentement risque de manquer de temps sur 40 questions. La préparation civique et la progression en français avancent donc ensemble.
L'employeur peut proposer aux salariés allophones des formations visant un niveau de français déterminé par décret (Code du travail, art. L6321-1). Pour un salarié signataire du CIR, ces actions constituent un temps de travail effectif et donnent lieu au maintien de la rémunération (art. L6321-3), dans la limite de 80 heures (art. R6321-5). Les options, les financements et les formats sont détaillés dans notre guide employeur de la formation FLE en entreprise.
Entre deux séances avec un formateur, la difficulté est de faire parler le salarié assez souvent. C'est là qu'un outil comme Alyx peut servir : un AI Teacher corrige la prononciation, la grammaire et le vocabulaire en temps réel, sur des parcours construits par métier, et un professeur suit chaque apprenant. Le salarié peut ainsi s'exercer à expliquer à voix haute une règle sur le temps de travail ou sur l'égalité, avec les mots de son métier.
Checklist RH en 6 points
- Identifier les salariés qui demanderont une première carte de séjour pluriannuelle ou une première carte de résident.
- Partager le site officiel du ministère et la liste des questions de connaissances correspondant à leur titre.
- Vérifier avec eux qu'ils ont suivi la formation civique de l'OFII.
- Prévoir dans le planning le temps nécessaire pour passer l'épreuve.
- Relier les questions sur le travail à vos propres documents : contrat, temps de travail, règlement intérieur, égalité.
- Évaluer le besoin en français, au regard du niveau attendu pour le titre demandé.
Par où commencer
Commencez par la liste du point 1 : elle est souvent courte, et elle évite de mobiliser toute l'équipe pour une épreuve qui ne concerne que quelques personnes. Ensuite, choisissez une seule question « travail » de la liste officielle et testez-la au prochain point d'équipe. Si le besoin en français apparaît plus large que l'examen, vous pouvez regarder comment former vos équipes étrangères au français sur des situations tirées de leur métier.
Questions fréquentes
Combien de questions compte l'examen civique 2026 ?
40 questions à choix multiples, rédigées en français, dont des questions de connaissances et des mises en situation. Il faut 32 bonnes réponses, soit 80 %, pour réussir, en 45 minutes au maximum sur support numérique, selon la fiche F39530 de Service Public.
Un renouvellement de titre de séjour exige-t-il l'examen civique ?
Non. Selon Service Public, seule la première demande de carte de séjour pluriannuelle est concernée, comme la première carte de résident ; les demandes de renouvellement ne le sont pas. Les titres hors contrat d'intégration républicaine et les personnes de plus de 65 ans ne sont pas concernés non plus.
Combien coûte l'examen civique ?
Le prix est fixé librement par chaque centre d'examen agréé et se situe entre 60 et 80 € selon les centres, d'après la réponse du ministère de l'Intérieur à la question écrite n° 11488, publiée au Journal officiel le 11 août 2026.
Peut-on repasser l'examen civique en cas d'échec ?
Oui, autant de fois que nécessaire, selon le ministère de l'Intérieur. En cas de fraude, en revanche, l'arrêté du 10 octobre 2025 interdit au candidat de repasser l'examen pendant les deux années qui suivent.
Où trouver les questions officielles de l'examen civique ?
Sur le site formation-civique.interieur.gouv.fr du ministère de l'Intérieur, qui publie la liste officielle des questions de connaissances (une liste pour la carte pluriannuelle, une pour la carte de résident) et des fiches par thème. Les questions de mises en situation ne sont pas rendues publiques.
L'employeur peut-il former ses salariés au français sur le temps de travail ?
Oui. L'article L6321-1 du Code du travail permet à l'employeur de proposer des formations de français aux salariés allophones. Pour un salarié signataire du contrat d'intégration républicaine, cette formation est du temps de travail effectif, avec maintien de la rémunération, dans la limite de 80 heures (articles L6321-3 et R6321-5).


