Formation FLE en entreprise : former vos salariés étrangers au français, le guide employeur 2026

Formation FLE entreprise : ce que la loi permet, le niveau à viser (A2 ou B1), le financement et le français du métier pour vos salariés étrangers.

Cheffe d'équipe et préparateur de commandes relisent une fiche de préparation : la formation FLE en entreprise part des situations du métier

Pour former des salariés étrangers au français, l'employeur peut inscrire une formation FLE en entreprise à son plan de développement des compétences, avec pour cible au moins le niveau A2 (Code du travail, article D6321-1). Pour un salarié signataire du contrat d'intégration républicaine (CIR), jusqu'à 80 heures comptent comme temps de travail payé (article R6321-5). La formation qui marche part des situations du métier (consignes, sécurité, échanges avec l'équipe) plutôt que d'un manuel général, et vise la certification qui sert au salarié : A2 pour une première carte de séjour pluriannuelle, B1 pour une première carte de résident (Service Public).

Une formation FLE en entreprise est une formation au français langue étrangère que l'employeur organise pour des salariés allophones, dans le cadre de son plan de développement des compétences. Ce guide réunit les quatre pièces que les RH doivent assembler : ce que la loi permet, le niveau utile, le financement et l'organisation, puis le français du métier.

Vous connaissez peut-être la scène. Le chef d'équipe donne la consigne du matin, le nouveau préparateur hoche la tête, et une heure plus tard la palette est montée à l'envers. Personne n'a mal travaillé : la consigne n'a simplement pas été comprise. C'est souvent là que la question d'une formation se pose, avec trois inconnues pour les RH. Que dit la loi, quel niveau viser, et comment l'organiser sans désorganiser l'équipe ?

Formation FLE entreprise : ce que la loi permet, et ce qu'elle n'impose pas

Commençons par ce qui est souvent mal compris. L'article L6321-1 du Code du travail dit que l'employeur « peut également proposer aux salariés allophones des formations visant à atteindre une connaissance de la langue française au moins égale à un niveau déterminé par décret » (Code du travail, article L6321-1). Le verbe compte : la loi ouvre une possibilité, elle ne crée pas d'obligation de former au français.

L'obligation, dans le même article, est ailleurs. L'employeur assure l'adaptation des salariés à leur travail et veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi, et les formations menées à ces fins sont prévues, le cas échéant, par le plan de développement des compétences (article L6321-1). Quand la langue empêche un salarié de comprendre ses consignes ou ses documents de travail, c'est sur ce terrain que la formation de français se justifie le mieux.

Une formation au plan de développement des compétences, avec A2 pour cible

Le décret fixe le niveau. Les actions de formation destinées aux salariés allophones, qu'elles relèvent du plan, du CIR ou du CPF, visent l'obtention de diplômes ou de certifications attestant la maîtrise du français à un niveau égal ou supérieur à A2 du cadre européen commun de référence pour les langues (article D6321-1). Concrètement, la certification visée se choisit dès le départ, avec le programme.

80 heures sur le temps de travail pour les signataires du CIR

Pour les salariés allophones signataires du contrat d'intégration républicaine et engagés dans un parcours de formation linguistique, les actions qui poursuivent ce parcours constituent du temps de travail effectif, et l'employeur maintient la rémunération pendant leur réalisation (article L6321-3). Le décret plafonne ces actions à quatre-vingts heures (article R6321-5).

La répartition des heures se décide d'un commun accord entre l'employeur et le salarié. En l'absence d'accord, la formation ne peut pas conduire le salarié à s'absenter plus de 10 % de la durée hebdomadaire de travail prévue par son contrat (article R6321-5). Ce plafond devient un calendrier concret plus bas, dans l'exemple fictif.

Le CPF pendant le temps de travail : 28 heures d'absence de droit

Le salarié signataire du CIR peut aussi choisir lui-même une formation en français langue étrangère, financée par son compte personnel de formation et suivie en tout ou partie pendant le temps de travail. Dans ce cas, l'autorisation d'absence est de droit (article L6323-17), dans la limite de vingt-huit heures. Le salarié prévient l'employeur des périodes d'absence au moins trente jours calendaires avant le début de l'action (article R6323-4-1).

Quel niveau viser : A2 pour travailler, B1 pour rester

Le niveau A2 compte aussi en dehors du Code du travail. Dans une réponse à une question écrite publiée en 2026, le ministère de l'Intérieur explique que la maîtrise de la langue au niveau A2 représente un seuil minimal pour la majorité des formations professionnelles et pour l'accès à l'emploi (Assemblée nationale, question écrite n° 11956).

Le titre de séjour ajoute un second objectif. Depuis le 1er janvier 2026, un ressortissant non européen qui demande une première carte de séjour pluriannuelle doit justifier du niveau A2, et une première carte de résident demande le niveau B1. Toutes les cartes pluriannuelles et toutes les cartes de résident ne sont pas concernées (Service Public, fiche F34501).

ObjectifNiveauPreuve acceptée
Formation de salariés allophones (plan, CIR, CPF)A2 ou plusDiplôme ou certification qui atteste le niveau
Accès à l'emploi et à la plupart des formations professionnellesA2, seuil minimalNon précisée par le ministère
Première carte de séjour pluriannuelleA2TCF, TEF ou diplôme admis par Service Public
Première carte de résidentB1TCF, TEF ou diplôme admis par Service Public

Une certification qui sert deux fois

Pour le titre de séjour, les seuls tests reconnus par le ministère de l'Intérieur sont le TCF, délivré par France Éducation international, et le TEF, délivré par la CCI de Paris. Les attestations de ces certifications ont une durée de validité de 2 ans (Service Public, fiche F34501) : mieux vaut caler le passage du test sur le calendrier du dossier du salarié.

La même fiche admet aussi certains diplômes : un titre ou une certification à finalité professionnelle enregistré au RNCP, un diplôme national au moins de niveau 3 (CAP, BEP, CFG) ou le diplôme national du brevet. Un diplôme délivré par une autorité étrangère, même dans un pays francophone, n'est pas admis (Service Public). Pour un employeur, l'idée est simple : une formation qualifiante suivie en français sert à la fois le métier et le dossier du salarié.

Un point de contexte, pour mesurer l'écart. Le parcours linguistique du CIR vise le niveau A1 : selon le Sénat, seulement 68 % des personnes orientées en formation linguistique l'avaient atteint en 2023 (Sénat, rapport d'information n° 772). Pour 2024, le ministère de l'Intérieur indique que 70 % des personnes avaient acquis le niveau A1 à la fin du parcours (Assemblée nationale). Les deux chiffres ne viennent pas de la même source et ne dessinent pas une tendance. Ils disent seulement qu'un salarié peut sortir de ce parcours loin du niveau A2.

Pourquoi un FLE générique ne suffit pas sur le terrain

Un cours de français général suit la progression d'un manuel : se présenter, faire des courses, prendre un rendez-vous. C'est utile, mais le métier demande autre chose, et plus tôt. Le rapport du Sénat le dit sans détour : le niveau A1 « ne semble pas suffisant pour permettre une réelle intégration, en particulier dans le monde du travail » (Sénat). L'État lui-même a mis en ligne trois programmes de formation linguistique à visée professionnelle, pour les transports et la logistique, l'hygiène et la propreté, et les services à la personne (Assemblée nationale).

Le français langue professionnelle part des situations que le salarié vit chaque jour. Quelques exemples, dans un entrepôt :

  • Lire une fiche de préparation : « Référence 4521, quantité 12, allée C. »
  • Confirmer une consigne : « Les colis lourds en bas, c'est bien ça ? »
  • Signaler un risque : « Attention, le sol est mouillé près du quai 3. »
  • Comprendre un planning : « Demain, je commence à 6 h, pas à 7 h ? »
  • Demander de l'aide : « La machine fait un bruit bizarre. Je l'arrête ? »

Ces phrases sont courtes et à la portée d'un niveau A2. Le salarié les apprend parce qu'il en a besoin le lendemain. C'est l'idée du FLE métiers : le vocabulaire et les échanges du travail deviennent le programme lui-même, et la grammaire vient les soutenir.

Le français de la sécurité

C'est le terrain où l'écart se paie le plus cher. Selon l'OSHwiki de l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, un travailleur migrant qui ne comprend pas les consignes de sécurité revient à ses propres expériences et aux standards de son pays d'origine, qui peuvent être moins exigeants (EU-OSHA, OSHwiki « Migrant workers »).

Les outils aident : une langue officielle unique dans l'atelier, des pictogrammes, des interprètes, des encadrants bilingues. Mais la même source juge illusoire de croire qu'ils règlent tous les problèmes de langue, en particulier pour les tâches complexes (EU-OSHA).

Une précision honnête s'impose. L'OSHwiki note qu'on ne trouve pas d'écart de taux d'accidents entre migrants et natifs qui occupent le même emploi dans la même organisation, même si, dans l'ensemble, les migrants semblent plus souvent impliqués dans des accidents du travail (EU-OSHA). La langue est donc un facteur parmi d'autres, lié aux emplois occupés. Raison de plus pour la traiter là où elle pèse : la consigne de sécurité comprise et reformulée par le salarié.

Les documents de travail : en français, avec des traductions

Le règlement intérieur est rédigé en français et peut être accompagné de traductions. Il en va de même pour tout document qui comporte des obligations pour le salarié ou des informations nécessaires à l'exécution de son travail (Code du travail, article L1321-6). La traduction aide à comprendre une fois. La formation permet de lire seul la version française, celle que l'entreprise rédige, et la suivante quand elle changera.

Organiser la formation sur le temps de travail

Un exemple fictif, pour transformer les règles en calendrier. Karim est préparateur de commandes, signataire du CIR, avec un contrat de 35 heures par semaine. Son employeur et lui n'ont pas encore trouvé d'accord sur la répartition.

  • Plafond sans accord : 10 % de 35 heures, soit 3 h 30 par semaine (article R6321-5).
  • Volume : 80 heures au maximum sur le temps de travail.
  • Durée : 80 heures à 3 h 30 par semaine, soit environ 23 semaines, une demi-année de formation.
  • Rythme possible : trois séances de 70 minutes par semaine, toujours aux mêmes créneaux.

Avec un accord, l'employeur et le salarié peuvent choisir une autre répartition, par exemple plus intensive au démarrage (article R6321-5). Dans tous les cas, nous conseillons des séances courtes et régulières, aux mêmes créneaux. Elles commencent par l'oral, sur une situation du métier, et la grammaire arrive quand elle sert la phrase du jour. Si vous comparez plusieurs organismes, regardez aussi les formats et le coût réel, qui comprend le temps de travail des salariés formés : notre guide sur le tarif d'une formation d'anglais en entreprise détaille ce que coûte une formation en entreprise.

Diagnostiquer avant de former : FLE, alphabétisation ou illettrisme

Le Code du travail sépare lui-même deux besoins : la lutte contre l'illettrisme, avec l'accès au socle de connaissances et de compétences, et la formation des salariés allophones au français (article L6321-1). Avant de choisir une formation, posez trois questions :

  1. Le salarié a-t-il une autre langue maternelle que le français ?
  2. A-t-il été scolarisé, et combien de temps ?
  3. Lit-il et écrit-il dans sa propre langue ?

Un salarié qui lit et écrit dans sa langue relève du FLE. Un salarié qui n'a jamais appris à lire a d'abord besoin d'alphabétisation. Un salarié francophone en difficulté avec l'écrit relève de la lutte contre l'illettrisme. Mieux vaut ne pas mélanger les trois besoins dans un même groupe.

Libérer les salariés : le point qui bloque

Le Sénat a relevé que certains employeurs sont réticents à libérer leurs salariés pour suivre des formations, et que les organismes peinent à constituer des groupes homogènes (Sénat). Trois réponses pratiques : planifier les créneaux avec le chef d'équipe avant de les annoncer, les garder fixes d'une semaine à l'autre, et prévoir le remplacement à l'avance. Les formats individuels ou en très petits groupes contournent aussi le problème des groupes de niveau.

Financer la formation : plan de développement des compétences et CPF

Deux voies ressortent directement du Code du travail. La première est le plan de développement des compétences, où l'employeur inscrit les formations liées à l'adaptation des salariés et à leur capacité à occuper un emploi (article L6321-1). L'initiative vient alors de l'entreprise, qui choisit l'organisme et le programme.

La seconde est le compte personnel de formation du salarié. Pour un signataire du CIR, une formation FLE financée par le CPF et suivie sur le temps de travail ouvre une autorisation d'absence de droit, jusqu'à 28 heures, avec un délai de prévenance de 30 jours calendaires (article R6323-4-1). L'initiative vient alors du salarié. Les deux voies peuvent se compléter dans un même parcours : l'entreprise porte la formation au français du métier, le salarié ajoute ses heures pour préparer sa certification. Les autres dispositifs de financement feront l'objet d'un article dédié.

De la langue à l'intégration : une feuille de route en cinq étapes

  1. Diagnostiquer. FLE, alphabétisation ou illettrisme, puis le niveau de départ de chaque salarié.
  2. Fixer l'objectif. A2 pour le métier et la première carte de séjour pluriannuelle, B1 pour la première carte de résident, et la certification qui le prouvera.
  3. Lister les situations du métier. Les consignes, les échanges avec l'équipe, les documents de travail, les briefings de sécurité. Ce sont elles qui feront le programme.
  4. Caler le calendrier. Sur le temps de travail, avec les 80 heures et la règle des 10 % en tête, et un accord écrit si possible.
  5. Mesurer au travail. Une consigne comprise sans être répétée, un document lu seul, un briefing suivi, puis la certification.

Une consigne comprise du premier coup dit plus sur une formation FLE qu'une feuille d'émargement.

La langue n'est que la moitié du chemin. Le chef d'équipe et un collègue de référence font partie du plan : ce sont eux qui donnent l'occasion de pratiquer chaque jour, qui reformulent sans moquerie et qui remarquent les progrès. Une formation réussie se voit au salarié qui comprend la consigne, pose sa question devant l'équipe et reste dans l'entreprise.

Ce que fait Alyx

Alyx pour les entreprises propose le français parmi six langues, du niveau A1 au C2. Le plan d'études est construit à partir de la culture, du secteur et des défis de l'organisation, avec un AI Teacher qui reprend l'apparence et la personnalité du secteur. L'AI Teacher converse avec l'apprenant et corrige sa prononciation, sa grammaire et son vocabulaire en temps réel, sans interrompre la conversation : la pratique orale vient avant la théorie. Une professeure accompagne chaque apprenant, ajuste son parcours, répond à ses questions et relance ceux qui décrochent.

Côté RH, le tableau de bord montre les apprenants actifs, le temps de pratique, les notes et la progression par compétence, par personne ou par équipe, avec un rapport pour la direction. Le déploiement suit quatre étapes, avec les premières conversations en quatre semaines au plus, et une démonstration de 30 minutes construit un plan d'études en direct à partir de votre secteur.

Questions fréquentes

L'employeur est-il obligé de former ses salariés étrangers au français ?

Non. L'article L6321-1 du Code du travail dit que l'employeur « peut » proposer aux salariés allophones des formations visant un niveau de français fixé par décret : c'est une possibilité. L'obligation, dans le même article, porte sur l'adaptation des salariés à leur travail et le maintien de leur capacité à occuper un emploi. Les salariés signataires du contrat d'intégration républicaine engagés dans un parcours de formation linguistique ont en revanche des droits propres : jusqu'à 80 heures de formation sur le temps de travail et, pour une formation FLE financée par le CPF, une autorisation d'absence de droit dans la limite de 28 heures.

Quel niveau de français viser dans une formation FLE en entreprise ?

Au moins le niveau A2 du CECRL. L'article D6321-1 du Code du travail fixe cette cible pour les formations destinées aux salariés allophones (plan de développement des compétences, CIR, CPF), attestée par un diplôme ou une certification. Le ministère de l'Intérieur considère aussi le niveau A2 comme un seuil minimal pour la majorité des formations professionnelles et pour l'accès à l'emploi.

Les heures de formation en français sont-elles payées ?

Oui pour un salarié allophone signataire du contrat d'intégration républicaine et engagé dans un parcours de formation linguistique : les actions qui poursuivent ce parcours sont du temps de travail effectif, avec maintien de la rémunération, dans la limite de 80 heures. Sans accord entre l'employeur et le salarié sur la répartition, l'absence ne peut pas dépasser 10 % de la durée hebdomadaire prévue au contrat.

Un salarié peut-il suivre une formation FLE avec son CPF pendant le temps de travail ?

Oui, s'il est signataire du contrat d'intégration républicaine et qu'il choisit une formation en français langue étrangère financée par son compte personnel de formation : l'autorisation d'absence est alors de droit, dans la limite de 28 heures. Il doit prévenir l'employeur des périodes d'absence au moins 30 jours calendaires avant le début de la formation.

Quel niveau de français faut-il pour une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident ?

Depuis le 1er janvier 2026, il faut le niveau A2 pour une première carte de séjour pluriannuelle et le niveau B1 pour une première carte de résident, selon Service Public. Toutes les cartes ne sont pas concernées. Le niveau se prouve avec le TCF ou le TEF, les seuls tests reconnus par le ministère de l'Intérieur, ou avec certains diplômes français (CAP, BEP, CFG, brevet, titre enregistré au RNCP). Un diplôme délivré à l'étranger, même dans un pays francophone, n'est pas admis.

Pourquoi former au français du métier plutôt qu'au FLE général ?

Parce que le niveau A1, visé par le parcours linguistique du contrat d'intégration républicaine, ne suffit pas pour travailler : un rapport du Sénat de 2024 le juge insuffisant pour une réelle intégration, en particulier dans le monde du travail. L'État a d'ailleurs mis en ligne des programmes de français à visée professionnelle par secteur. Sur le terrain, l'EU-OSHA observe qu'un salarié qui ne comprend pas les consignes de sécurité revient aux pratiques de son pays d'origine, et que les pictogrammes ou les interprètes ne règlent pas tout, surtout pour les tâches complexes.

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