Financer une formation d'anglais avec l'OPCO : les règles selon la taille de l'entreprise
Formation anglais OPCO : qui paie sous et au-dessus de 50 salariés, les trois conditions d'une prise en charge et la demande à monter, étape par étape.
Oui, une formation anglais OPCO est possible si l'entreprise compte moins de 50 salariés : l'OPCO peut alors prendre en charge, sur ses fonds légaux, les coûts d'une formation d'anglais inscrite au plan de développement des compétences, selon les priorités et les montants fixés par son conseil d'administration et par la branche. À partir de 50 salariés, ces dépenses restent à la charge de l'entreprise, sauf contributions conventionnelles ou volontaires versées à l'OPCO. Dans tous les cas, la formation doit viser un objectif professionnel et être assurée par un organisme certifié Qualiopi.
Imaginez la scène. Une responsable RH reçoit le devis d'un organisme de formation, avec la mention « éligible OPCO » en gras, et le dirigeant demande : « Donc c'est gratuit ? ». La réponse honnête tient en une question en retour : combien de salariés compte l'entreprise ? Ce guide part de là, avec les articles du Code du travail et les chiffres publics, et sans promettre de montant : celui-ci dépend toujours de la grille de votre OPCO.
Formation anglais OPCO : la règle tient en un seuil, 50 salariés
L'opérateur de compétences, ou OPCO, est l'organisme qui gère les fonds de la formation professionnelle d'une branche et qui doit assurer un service de proximité aux très petites, petites et moyennes entreprises (article L6332-1 du Code du travail). Ces fonds sont rangés en sections financières, et l'une d'elles est réservée aux « actions utiles au développement des compétences au bénéfice des entreprises de moins de cinquante salariés » (article L6332-3, version en vigueur depuis le 1er janvier 2026).
Ce ciblage n'est pas récent. Selon France Compétences, depuis 2018 les fonds mutualisés destinés au plan de développement des compétences ont été concentrés sur les entreprises de moins de 50 salariés, sans faire disparaître d'autres formes de participation (rapport sur l'usage des fonds, édition 2025).
Une idée reçue tombe au passage : « Je cotise, donc j'ai droit. » Toutes les entreprises versent une contribution à la formation professionnelle, 0,55 % de la masse salariale sous 11 salariés (article L6331-1) et 1 % à partir de 11 salariés (article L6331-3). Mais cotiser ne donne pas un droit de tirage : ce que l'OPCO peut financer dépend de la taille de l'entreprise.
Moins de 50 salariés : ce que l'OPCO peut prendre en charge
Pour ces entreprises, la loi liste ce que l'OPCO finance sur sa section légale (article L6332-17) :
- les coûts des actions de formation du plan de développement des compétences ;
- la rémunération du salarié en formation et les frais annexes ;
- un abondement du compte personnel de formation d'un salarié ;
- les coûts de diagnostic et d'accompagnement de l'entreprise en vue de mettre en œuvre des actions de formation.
Le même article ajoute une phrase qui change tout : « Les modalités et priorités de prise en charge de ces frais sont définies par le conseil d'administration de l'opérateur de compétences. » Autrement dit, la loi dit ce que l'OPCO peut financer, et c'est votre OPCO qui fixe les plafonds, les taux et les thèmes prioritaires. Deux PME de même taille, rattachées à deux branches différentes, n'obtiendront pas forcément la même réponse pour le même cours d'anglais.
50 salariés et plus : le budget interne, avec deux exceptions
Centre Inffo le formule sans détour : 50 salariés est le seuil « à partir duquel il n'est plus possible pour les Opco de prendre en charge des dépenses de formation des plans de développement des compétences » (FAQ Centre Inffo). Ces entreprises paient leur plan sur leur budget interne. Service Public le rappelle pour toute formation du plan : les frais de formation sont à la charge de l'employeur (Service Public).
Deux exceptions existent, et elles passent par d'autres contributions que la contribution légale. L'OPCO peut collecter et gérer des contributions supplémentaires, versées soit en application d'un accord professionnel national de branche, soit sur une base volontaire par l'entreprise (article L6332-1-2). Si votre branche a signé un tel accord, il peut financer des formations au-delà du seuil. Sinon, l'entreprise peut verser volontairement à son OPCO et en confier la gestion.
Les chiffres publics montrent ce que cela représente. En 2024, selon France Compétences, le reste à charge des entreprises, mesuré à partir de leurs versements volontaires à l'OPCO, représentait en moyenne 38 % du coût des formations du plan financées avec l'appui de ces fonds, et 67 % pour les entreprises de plus de 50 salariés (France Compétences, édition 2025). Deux réserves s'imposent : ces chiffres couvrent toutes les formations du plan, pas seulement les langues, et le rapport lui-même juge ce reste à charge sous-estimé.
Les trois conditions d'une prise en charge
Même sous le seuil des 50 salariés, un financement n'est jamais automatique. Opco EP résume les conditions dans sa foire aux questions : un dispositif prévu, une action qui répond à la définition légale de la formation, et les priorités de la branche (Opco EP).
Une vraie action de formation, avec un objectif professionnel
Le Code du travail définit l'action de formation comme « un parcours pédagogique permettant d'atteindre un objectif professionnel » ; elle peut se faire en tout ou partie à distance, et même en situation de travail (article L6313-2). Pour l'anglais, un accès sans objectif nommé ni accompagnement sera donc difficile à défendre. Le parcours doit dire ce que le salarié saura faire dans son métier à la fin, et c'est là que la précision de la demande compte (voir plus bas).
Un organisme certifié Qualiopi
Les prestataires de formation financés par un OPCO doivent être certifiés sur la base de critères définis par décret (article L6316-1) : c'est la certification Qualiopi. Attention au raccourci des plaquettes commerciales. La certification est une condition nécessaire, pas une garantie : un organisme certifié peut proposer une formation que votre OPCO ne financera pas, parce que l'entreprise dépasse le seuil ou que le thème sort des priorités.
Les priorités de votre branche
Chaque action doit s'inscrire « dans les priorités définies au niveau de l'OPCO par les branches professionnelles », précise Opco EP dans la même réponse. Seule la grille de critères de votre OPCO donne la réponse, pour l'année en cours.
Monter la demande, étape par étape
Premier réflexe utile : raisonner avec le nom de votre OPCO, puisque les critères changent de l'un à l'autre. Voici l'ordre qui évite les mauvaises surprises.
- Identifier son OPCO. Il dépend de la branche professionnelle de l'entreprise. En cas de doute, l'OPCO de votre branche vous le confirme.
- Lire les critères de prise en charge. Grille, plafonds, thèmes prioritaires de la branche, pièces demandées : ce sont les règles fixées par le conseil d'administration de l'OPCO, que la loi lui laisse définir.
- Décrire le besoin en anglais par métier. Qui, pour quelle situation de travail, de quel niveau à quel niveau, avec combien d'heures. La section suivante donne un modèle.
- Choisir un organisme certifié Qualiopi et obtenir de lui un programme détaillé et un devis, au nom de l'action décrite à l'étape précédente.
- Déposer la demande avant le démarrage, en général, selon les règles et les délais de votre OPCO. Ne fixez pas la date de début avant d'avoir lu ces délais.
- Garder les preuves de réalisation (feuilles de présence, évaluations) pour le remboursement, selon les modalités de votre OPCO.
Vous n'êtes pas seul pour l'étape 3. Accompagner les PME dans l'analyse et la définition de leurs besoins de formation fait partie des missions légales de l'OPCO (article L6332-1). Et beaucoup d'entreprises le sollicitent : en 2024, près d'une entreprise sur cinq déclarait avoir eu recours à son OPCO, le plus souvent pour un soutien financier (France Compétences, édition 2025).
Une ligne d'anglais précise se défend mieux
Relisez la définition légale : un parcours, un objectif professionnel. Une demande intitulée « Anglais professionnel, tous niveaux » ne nomme ni l'un ni l'autre. Elle est la plus difficile à rattacher aux priorités d'une branche, et la plus difficile à évaluer à la fin.
Comparez avec une demande écrite pour un métier. L'exemple est fictif.
| Élément | Demande vague | Demande précise |
|---|---|---|
| Public | Tous les salariés volontaires | Quatre commerciaux grands comptes |
| Situation de travail | Non précisée | Mener seul un appel de découverte en anglais |
| Niveau | Tous niveaux | De B1 à B2 sur le CECRL |
| Volume | Un forfait d'heures | Environ 200 heures guidées, à titre indicatif |
| Preuve à la fin | Une attestation de présence | Un test de niveau et un appel observé par le manager |
Le volume ne sort pas d'un catalogue. Selon le centre d'aide de Cambridge English, il faut environ 200 heures d'apprentissage guidé pour passer d'un niveau du CECRL au suivant, et ce chiffre varie avec le parcours antérieur, l'intensité, l'âge et la pratique en dehors des cours (Cambridge English). Une demande qui annonce un saut de deux niveaux en vingt heures se trahit d'elle-même.
Plus la demande nomme un métier, une situation et un niveau, plus elle ressemble à ce que la loi appelle une action de formation.
La ligne précise sert aussi en interne, que l'OPCO finance ou non : elle se pilote, se mesure et se défend devant la direction. Pour l'écrire, le guide sur la ligne langues du plan de développement des compétences propose un modèle par métier et un indicateur.
Et si l'OPCO ne finance pas ?
C'est le cas d'une entreprise de 50 salariés ou plus sans accord de branche, ou d'une demande qui sort des priorités. La formation reste possible : elle entre au plan de développement des compétences, sur le budget interne, comme le prévoit la règle rappelée par Service Public. La question change alors de nature. Elle porte désormais sur le coût réel du parcours et sur ce qu'il produit.
Pour poser ce calcul, notre guide sur ce que coûte vraiment une formation d'anglais en entreprise détaille les trois blocs de coût et une manière de les rapporter aux résultats. La demande d'un salarié qui souhaite utiliser son compte personnel de formation relève d'autres règles, tout comme le financement du français pour des salariés étrangers : chacun a son guide à part.
Ce que fait Alyx
La logique de la ligne précise guide aussi notre offre : des parcours par métier pour les entreprises (ventes grands comptes, support client, ingénierie et produit, management et RH), avec un plan d'études construit à partir de la culture, du secteur et des défis de l'organisation. Entre les séances, un AI Teacher converse avec chaque apprenant et corrige la prononciation, la grammaire et le vocabulaire en temps réel, et une professeure suit chaque apprenant et ajuste le parcours. Le tableau de bord montre la progression par personne ou par équipe.
Si vous voulez voir à quoi ressemble un plan d'études construit pour l'un de vos métiers, la démo de 30 minutes le monte en direct avec vous : voir la formation d'anglais d'Alyx pour les entreprises.
Questions fréquentes
L'OPCO finance-t-il les cours d'anglais d'une entreprise de moins de 50 salariés ?
Il peut le faire. Sur ses fonds légaux, l'OPCO finance pour les entreprises de moins de 50 salariés les coûts des actions du plan de développement des compétences, la rémunération du salarié en formation et les frais annexes (article L6332-17 du Code du travail). Les modalités et les priorités sont fixées par son conseil d'administration, selon les priorités des branches : la réponse dépend donc des critères de votre OPCO.
Une entreprise de plus de 50 salariés peut-elle faire financer une formation d'anglais par son OPCO ?
Pas sur les fonds légaux du plan de développement des compétences : à partir de 50 salariés, l'OPCO ne peut plus prendre en charge ces dépenses, que l'entreprise paie sur son budget interne. Reste une voie : les contributions conventionnelles, prévues par un accord de branche, ou les versements volontaires de l'entreprise à son OPCO (article L6332-1-2 du Code du travail).
Comment savoir quel est mon OPCO ?
L'OPCO dépend de la branche professionnelle de l'entreprise. Partez de la branche dont relève l'entreprise, puis faites confirmer par l'OPCO de cette branche qu'il vous couvre bien.
La formation doit-elle être certifiée Qualiopi pour être prise en charge ?
C'est l'organisme qui doit l'être. Selon l'article L6316-1 du Code du travail, les prestataires de formation financés par un OPCO sont certifiés sur la base de critères définis par décret : c'est la certification Qualiopi. Elle est nécessaire, et la prise en charge dépend aussi de la taille de l'entreprise et des priorités de la branche.
Quand déposer la demande de prise en charge ?
En général avant le démarrage de la formation, selon les règles et les délais propres à votre OPCO. Aucun délai unique ne s'applique à tous les OPCO : lisez leurs conditions avant de signer le devis avec l'organisme de formation.
L'OPCO prend-il en charge le salaire du salarié en formation ?
Pour une entreprise de moins de 50 salariés, il peut le faire : l'article L6332-17 du Code du travail cite la rémunération du salarié en formation parmi les coûts que l'OPCO finance sur ses fonds légaux, avec les frais pédagogiques et les frais annexes, selon les modalités fixées par son conseil d'administration.
Combien l'OPCO rembourse-t-il pour une formation d'anglais ?
Aucun montant ne vaut pour tous : les plafonds et les priorités dépendent de chaque OPCO et de la branche. Pour donner un ordre de grandeur, France Compétences relève qu'en 2024 les formations du plan financées avec l'appui de ces fonds, toutes thématiques confondues, coûtaient en moyenne 568 euros, avec un reste à charge moyen de 38 % pour l'entreprise. Ce n'est pas un montant à attendre pour l'anglais.


