Plan de développement des compétences : comment y intégrer la formation en langues

Plan de développement des compétences : comment écrire la ligne langues, avec un modèle par métier, la règle du temps de travail et un indicateur.

Responsable formation et manager construisent la ligne langues du plan de développement des compétences, métier par métier

On intègre une formation en langues au plan de développement des compétences comme n'importe quelle action de formation : un parcours qui vise un objectif professionnel précis. Concrètement, chaque ligne « langues » du plan nomme le métier, la situation de travail visée, le niveau de départ et le niveau cible, le volume d'heures, le moment (sur ou hors temps de travail) et l'indicateur qui montrera le changement dans le travail. Une ligne « Anglais, tous niveaux » ne permet ni de piloter ni de mesurer.

Plan de développement des compétences : ce que dit le Code du travail

Commençons par la définition. Selon Service Public, « le plan de développement des compétences (PDC) est le cadre qui permet à un employeur de définir sa politique de formation » (Service Public). Les formations qu'il contient sont à l'initiative de l'employeur. Elles visent l'adaptation du salarié à son travail, sa capacité à occuper un emploi, et peuvent aussi viser le développement de ses compétences.

Si vous cherchez la différence entre plan de formation et plan de développement des compétences, la même page la donne en une phrase : le PDC a remplacé le plan de formation. Les actions qu'il porte restent à l'initiative de l'employeur.

Trois articles du Code du travail suffisent pour poser le cadre d'une ligne « langues ».

  • L'obligation d'adaptation. L'employeur assure l'adaptation des salariés à leur travail et veille à leur capacité à occuper un emploi, au regard de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations. Les actions de formation qui servent ces fins sont prévues, le cas échéant, par le plan de développement des compétences, dont l'élaboration peut tenir compte des conclusions des entretiens de parcours professionnel (article L6321-1).
  • La définition de l'action de formation. Elle « se définit comme un parcours pédagogique permettant d'atteindre un objectif professionnel ». Elle peut se faire en tout ou partie à distance, et aussi en situation de travail (article L6313-2).
  • La consultation du CSE. La consultation du comité social et économique porte notamment sur les orientations de la formation professionnelle et sur le plan de développement des compétences (article L2312-24).

Le deuxième point change tout pour les langues. Si la loi décrit une formation comme un parcours vers un objectif professionnel, la ligne du plan qui la porte doit dire lequel. « Anglais » n'est pas un objectif professionnel. « Mener seul un appel de découverte en anglais avec un prospect britannique » en est un.

Pourquoi les langues tiennent mal dans un plan

Prenez une ligne type : « Anglais professionnel, e-learning, toute l'année, niveau B2 ». En décembre, au moment du bilan, personne ne sait quoi en dire. Quelques modules ont été terminés. Le niveau B2 est-il atteint, et pour quoi faire ?

Cette ligne a trois défauts.

  1. Pas de situation de travail. On ne sait pas ce que le salarié doit être capable de faire en anglais, ni avec qui, ni dans quel contexte.
  2. Pas de niveau de départ. « Niveau B2 » ne dit rien si l'on ignore d'où part la personne. Passer de B1 à B2 et passer de A2 à B2 ne demandent pas le même effort.
  3. Un volume qui ne correspond pas au niveau visé. « Toute l'année » n'est pas un nombre d'heures. Et le nombre d'heures, quand il existe, est rarement confronté à l'écart de niveau.

Le volume d'heures face au niveau visé

Commençons par le troisième, le plus facile à corriger avec un chiffre. Selon le centre d'aide de Cambridge English, il faut environ 200 heures d'apprentissage guidé pour passer d'un niveau du CECRL au suivant (Cambridge English). La même page donne des durées cumulées depuis le début de l'apprentissage :

Niveau CECRLHeures guidées cumulées (indicatif)
A2180 à 200
B1350 à 400
B2500 à 600
C1700 à 800
C21 000 à 1 200

Cambridge English précise que ces chiffres sont « a guideline only » (Cambridge English) : le parcours antérieur, l'intensité de l'étude, l'âge et la pratique en dehors des cours modifient la durée. Servez-vous-en pour dimensionner la ligne, sans l'inscrire au plan comme une garantie.

Pour situer cet ordre de grandeur, un repère général. En 2023, 41 % des salariés ont été formés via des cours ou stages, avec 30 heures en moyenne par salarié formé (Insee, Formations et emploi, édition 2025). Ces chiffres couvrent toute la formation professionnelle continue, langues comprises, et l'Insee prévient que les données 2023 ne sont pas comparables à celles de 2020 et 2021. Mis en regard des quelque 200 heures par niveau de Cambridge English, ils montrent l'écart : une ligne qui vise un niveau entier avec quelques dizaines d'heures doit l'assumer comme une étape.

Le modèle : une ligne « langues » par métier

La réponse tient en une règle : une ligne par métier et par situation de travail. Voici les colonnes que nous proposons. Elles se recopient telles quelles dans un tableur, ce qui vous donne un modèle Excel de plan de développement des compétences sans rien télécharger.

Les colonnes, une par une

  • Métier et population. Qui est concerné, et combien de personnes.
  • Situation de travail visée. Ce que la personne fera en anglais : une réunion, un appel, un ticket, un entretien. Une phrase avec un verbe d'action.
  • Niveau de départ. Mesuré par un test de positionnement.
  • Niveau visé (CECRL). Le niveau qui permet la situation de travail, ni plus ni moins.
  • Modalité. À distance, en présentiel, en situation de travail, ou un mélange ; la loi autorise les trois (article L6313-2).
  • Volume et calendrier. Un nombre d'heures cohérent avec l'écart de niveau, réparti sur des dates.
  • Sur ou hors temps de travail. Le régime choisi, écrit noir sur blanc (voir plus bas).
  • Indicateur en situation de travail. Le comportement observable qui dira que la formation a servi.
  • Coût. À chiffrer à part : le temps des salariés compte autant que le devis, comme l'explique notre guide pour comment chiffrer le coût total d'une formation d'anglais en entreprise.

Un exemple rempli pour quatre métiers

Exemple fictif : les métiers, les niveaux et les indicateurs ci-dessous sont inventés pour la démonstration. Les volumes suivent l'ordre de grandeur de Cambridge English, environ 200 heures guidées par niveau, et restent indicatifs.

Métier et situation viséeNiveaux (départ, cible)Volume et tempsIndicateur en situation de travail
Commercial grands comptes : mener un appel de découverte en anglaisB1, puis B2Environ 200 h guidées, sur le temps de travailMène seul deux appels de découverte en anglais, écoutés par son manager
Support client : traiter un appel ou un ticket en anglais sans escaladeA2, puis B1 (objectif partiel de l'année : 100 h)100 h cette année, sur le temps de travailPart des tickets en anglais traités sans escalade, au début et à la fin
Ingénieur ou chef de produit : animer un point techniqueB2, puis C1Environ 200 h guidées, dont 30 h hors temps de travail avec accord écritAnime le point technique hebdomadaire en anglais, sans relais d'un collègue
Manager : conduire une réunion d'équipe internationaleB1, puis B2Environ 200 h guidées, sur le temps de travailConduit la réunion mensuelle en anglais et envoie le compte rendu

Remarquez la deuxième ligne. Le support client ne gagnera pas un niveau entier en 100 heures, et la ligne le dit : l'objectif de l'année est une étape, l'indicateur mesure ce qui aura bougé.

Du besoin à la ligne du plan, en quatre temps

Pour construire ces lignes, quatre temps suffisent.

  1. Recueillir le besoin. Interrogez les managers sur les situations où l'anglais bloque. Croisez avec les entretiens de parcours professionnel : tout salarié en bénéficie tous les quatre ans, et l'entretien est consacré notamment à ses besoins de formation (article L6315-1). Comme il porte notamment sur les besoins de formation du salarié, c'est le bon moment pour noter les situations où l'anglais manque. Le plan peut tenir compte de leurs conclusions (article L6321-1).
  2. Mesurer le point de départ. Un test de positionnement par personne, avant de fixer le volume. Sans lui, la colonne « niveau de départ » est une supposition.
  3. Prioriser par métier. Toutes les équipes n'ont pas le même besoin la même année. Commencez par les métiers où l'anglais sert déjà chaque semaine.
  4. Présenter au CSE. Le plan fait partie de la consultation du comité social et économique (article L2312-24). Des lignes précises, avec un objectif par métier, se présentent et se défendent mieux qu'un forfait global.

Sur le temps de travail ou en dehors ?

La réponse compte pour le salarié comme pour le budget. Pour une formation non obligatoire, Service Public résume la règle : pendant le temps de travail, la rémunération du salarié est maintenue ; hors temps de travail, elle ne l'est pas (Service Public). Les frais de formation restent à la charge de l'employeur.

Placer une partie de la formation hors temps de travail est possible, mais encadré.

  • Sans accord collectif, il faut l'accord du salarié, et la formation hors temps de travail est limitée à trente heures par an et par salarié, ou 2 % du forfait pour un salarié au forfait (article L6321-6).
  • L'accord du salarié est écrit, et il peut revenir dessus dans un délai de 8 jours à partir de sa conclusion (Service Public).
  • Le refus n'est pas une faute. Refuser de participer à une formation hors temps de travail ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement, selon la même source.
  • Avec un accord collectif d'entreprise ou de branche, c'est la limite fixée par l'accord qui s'applique.

En pratique, écrivez le régime dans la ligne du plan, comme dans l'exemple : « 200 h, dont 30 h hors temps de travail avec accord écrit ». Ne comptez pas sur ces heures-là pour boucler un niveau ; sans accord collectif, elles restent plafonnées à 30 par an.

Suivre la ligne langues pendant l'année

Une ligne bien écrite se suit sur trois couches, de la plus facile à la plus utile.

  1. La pratique. Les heures réalisées, les séances suivies, la régularité.
  2. Le niveau. Un test au début, un test à la fin, sur la même échelle. C'est ce qui permet de dire si le volume prévu était le bon.
  3. Le comportement en situation de travail. Ce que la personne fait désormais en anglais dans son métier.

La troisième couche est la plus difficile à écrire, et la plus parlante. Le modèle de Kirkpatrick en fait son niveau 3 : il mesure à quel point les personnes adoptent les comportements critiques attendus dans leur environnement de travail, et rappelle qu'il ne suffit pas d'apprendre quelque chose (Kirkpatrick Partners). Pour une ligne « langues », cela donne les indicateurs de la dernière colonne du tableau : l'appel de découverte mené seul, le ticket clos sans escalade, la réunion conduite en anglais.

Le bon indicateur d'une ligne « langues » ne dit pas quel niveau a été atteint. Il dit ce que la personne fait désormais en anglais dans son métier.

Comment passer de ces indicateurs à un calcul de retour sur investissement, avec les quatre niveaux de Kirkpatrick ? Un prochain guide de cette série y est consacré.

Ce que fait Alyx

Les quatre métiers de l'exemple correspondent à des parcours que propose Alyx pour les entreprises : ventes grands comptes, support client, ingénierie et produit, management et RH. Le plan d'études se construit à partir de la culture, du secteur et des défis de l'organisation. Un AI Teacher converse avec chaque apprenant et corrige la prononciation, la grammaire et le vocabulaire en temps réel, sans interrompre la conversation, et une professeure suit chaque apprenant, ajuste le parcours et relance ceux qui décrochent. Pour le suivi, le tableau de bord montre les apprenants actifs, le temps de pratique, les notes et la progression par compétence, par personne ou par équipe, avec un rapport pour la direction : de quoi alimenter les deux premières couches de l'indicateur, et préparer la troisième avec les managers.

Si vous voulez voir à quoi ressemblerait votre ligne « langues », la démo de 30 minutes construit un plan d'études en direct, à partir d'un de vos métiers.

Questions fréquentes

Peut-on inscrire une formation en langues au plan de développement des compétences ?

Oui. Une formation en langues entre au plan de développement des compétences comme toute action de formation, que le Code du travail définit comme « un parcours pédagogique permettant d'atteindre un objectif professionnel » (article L6313-2). La ligne du plan doit donc nommer cet objectif : le métier, la situation de travail visée et le niveau à atteindre.

Quelle différence entre plan de formation et plan de développement des compétences ?

Selon Service Public, le plan de développement des compétences (PDC) a remplacé le plan de formation. C'est le cadre dans lequel l'employeur définit sa politique de formation, avec des actions à son initiative qui visent l'adaptation du salarié à son travail, sa capacité à occuper un emploi ou le développement de ses compétences.

Une formation d'anglais peut-elle se faire hors temps de travail ?

Oui, si elle n'est pas obligatoire. Sans accord collectif, il faut l'accord écrit du salarié, dans la limite de 30 heures par an (2 % du forfait pour un salarié au forfait), et le salarié peut revenir sur son accord dans les 8 jours. Avec un accord collectif d'entreprise ou de branche, c'est la limite de l'accord qui s'applique. Hors temps de travail, la rémunération n'est pas maintenue.

Un salarié peut-il refuser une formation en langues prévue au plan ?

Si la formation n'est pas obligatoire, oui : selon Service Public, le refus d'un salarié de suivre une formation non obligatoire ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement. Il en va de même pour le refus d'une formation hors temps de travail.

Combien d'heures prévoir pour gagner un niveau en langue ?

Le centre d'aide de Cambridge English indique environ 200 heures d'apprentissage guidé pour passer d'un niveau du CECRL au suivant. C'est un ordre de grandeur : le parcours antérieur, l'intensité, l'âge et la pratique en dehors des cours changent la durée réelle.

Quel indicateur associer à une formation en langues dans le plan ?

Trois couches : la pratique (heures, séances), le niveau mesuré au début et à la fin, et un comportement observable en situation de travail, propre au métier, par exemple mener seul un appel de découverte en anglais. C'est le niveau 3 du modèle de Kirkpatrick : l'application au travail de ce qui a été appris.

Le CSE doit-il être consulté sur le plan de développement des compétences ?

Oui. L'article L2312-24 du Code du travail prévoit que la consultation du comité social et économique porte notamment sur les orientations de la formation professionnelle et sur le plan de développement des compétences.

Entreprises

La langue de chaque métier, pratiquée en situation réelle

Un parcours par métier, beaucoup d'oral et un tableau de bord mesurable pour les RH et les managers.

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